Pastis Oaï of Life, le joyeux désordre marseillais en bouteille
À Marseille, le pastis n’est jamais seulement une boisson. Il accompagne les longues discussions, les parties de pétanque, les fins de journée au soleil et les apéritifs improvisés. Il fait partie d’un mode de vie dans lequel les générations, les accents et les cultures se mélangent.
Le pastis Oaï of Life est né de cette réalité marseillaise et de la rencontre entre deux savoir-faire locaux, celui de Cristal Limiñana, maison familiale spécialisée dans les apéritifs anisés, et celui de Joan Ceccaldi, graphiste, artiste et créateur de la marque Oaï of Life.
Oaï of Life est né de la rencontre entre deux expressions complémentaires de Marseille, le savoir-faire de Cristal Limiñana dans l’élaboration des spiritueux anisés et l’univers graphique de Joan Ceccaldi.
D’un côté, Cristal Limiñana élabore et produit des apéritifs anisés depuis 1884. Créée par les frères Limiñana, la maison est installée à Marseille depuis 1962. Son usine, située dans Marseille intra-muros, demeure l’un des derniers sites de la ville où l’on fabrique réellement du pastis de Marseille.
De l’autre, Joan Ceccaldi développe un univers graphique profondément lié à Marseille. Le pastis Oaï of Life réunit ces deux approches. La recette et la fabrication relèvent du savoir-faire de Cristal Limiñana, tandis que Joan Ceccaldi apporte l’identité, les couleurs et l’imaginaire visuel du produit.
Cette collaboration ne consiste donc pas à poser une belle étiquette sur une bouteille existante. L’objectif était de créer un pastis cohérent dans son goût, son nom et son apparence, un produit marseillais conçu et fabriqué à Marseille.
Qui est Joan Ceccaldi, le créateur d’Oaï of Life ?
Né à Marseille en 1984, Joan Ceccaldi a étudié le graphisme à Marseille, puis aux Beaux-Arts de Rennes. Il découvre notamment la sérigraphie au cours de sa formation, lors d’un projet réalisé avec l’atelier du Dernier Cri, installé à la Friche la Belle de Mai.
Son travail part souvent d’images photographiques qu’il transforme, déstructure et recompose. Marseille y apparaît sous une forme colorée, graphique et contemporaine, loin des représentations touristiques trop convenues. Derrière l’accumulation des motifs, des bâtiments et des couleurs, ses compositions conservent une architecture très précise.
Avec Oaï of Life, marque créée avec Séverine, il décline cet univers sur des sérigraphies, des vêtements, des affiches, des objets de décoration et différents projets graphiques. Son travail a notamment été associé à des événements et lieux marseillais comme la Fiesta des Suds, Babel Music XP, le Dock des Suds ou la Fête du Panier.
Le nom Oaï of Life résume sa démarche. Joan Ceccaldi le présente comme une version marseillaise de l’« American way of life », autrement dit le joyeux désordre de la vie.
Que veut dire « oaï » ?
Le mot « oaï » se prononce waï, exactement comme le mot anglais « why ». On peut aussi le rencontrer sous différentes orthographes, comme waï, ouaï ou ouaille.
Dans le parler marseillais, le oaï désigne d’abord la pagaille, le désordre ou la confusion. Le mot serait issu de l’italien guaio et plus précisément de sa prononciation napolitaine, apportée à Marseille par les importantes communautés italiennes venues s’y installer.
On peut par exemple dire :
- « Quelqu’un a mis le oaï dans tous mes papiers », lorsqu’un bureau a été complètement dérangé.
- « Avec les travaux, c’est le oaï dans le quartier », lorsque la circulation est devenue chaotique.
- « Ce soir, on va mettre le oaï », lorsque l’on prévoit de mettre de l’ambiance.
Car le oaï n’est pas nécessairement négatif. Il peut désigner un désordre gênant, comme les embouteillages, mais aussi une agitation joyeuse et festive, comme celle d’un virage du stade Vélodrome, d’un concert ou d’un apéritif qui s’anime. Le linguiste marseillais Médéric Gasquet-Cyrus décrit précisément cette double dimension, à la fois désordonnée et festive.
Le oaï, c’est donc le désordre, mais un désordre vivant. Un mélange de voix, de mouvements, de cultures et de personnalités qui finit par produire quelque chose d’unique.
« Lo Òai » et Massilia Sound System
À Marseille, le mot est également indissociable de Massilia Sound System. Depuis les années 1980, le groupe mêle reggae, ragga, français et occitan pour défendre une culture marseillaise populaire, ouverte sur le monde et fière de ses particularités.
Massilia Sound System a largement contribué à populariser le terme avec la chanson « Lo Òai », présente dès l’album Parla Patois en 1992. Le groupe publie ensuite le disque live On met le oaï partout en 1996, puis l’album Òai e Libertat en 2007.
Chez Massilia Sound System, le oaï devient plus qu’un désordre. Il représente l’ambiance, la liberté, la circulation des langues, la fête collective et une certaine manière de faire vivre Marseille plutôt que de simplement la mettre en carte postale.
Le choix du nom Oaï of Life s’inscrit directement dans cette culture. Il ne cherche pas à représenter une Provence silencieuse et figée, mais une ville réelle, bruyante, populaire, créative et métissée.
Un véritable pastis de Marseille
Le pastis Oaï of Life n’est pas seulement marseillais par son nom ou par son graphisme. Il est fabriqué à Marseille dans les ateliers de Cristal Limiñana et porte la dénomination réglementée Pastis de Marseille. Il est présenté en bouteille de 70 cl et titre 45 % vol.
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, la dénomination Pastis de Marseille ne désigne pas simplement un pastis consommé ou vendu à Marseille. La réglementation européenne impose notamment un goût d’anis prononcé, une teneur en anéthole comprise entre 1,9 et 2,1 grammes par litre, un titre alcoométrique d’au moins 45 % vol. et l’utilisation exclusive de substances ou de préparations aromatisantes naturelles.
Oaï of Life est un pastis intense, solaire et au caractère affirmé. Son identité visuelle traduit cette personnalité avec des couleurs franches, des formes géométriques et une composition inspirée par l’architecture, le soleil et l’énergie urbaine de Marseille.
Comment servir le pastis Oaï of Life ?
Le pastis Oaï of Life se sert allongé d’eau fraîche. La quantité d’eau dépend de l’intensité recherchée, même si la dilution traditionnelle se situe généralement autour d’un volume de pastis pour cinq volumes d’eau.
L’ordre a son importance. On verse d’abord le pastis, puis l’eau fraîche et seulement ensuite les glaçons. Verser les glaçons directement dans le pastis pur peut provoquer une cristallisation de l’anéthole et altérer temporairement son aspect. Le conseil officiel reste donc simple, toujours l’eau avant les glaçons.
Il peut être accompagné d’une kemia, d’olives, d’amandes, de panisses ou simplement de quelques amis qui ne regardent pas l’heure.
Une autre image du produit marseillais
Le pastis Oaï of Life montre qu’un produit traditionnel n’est pas obligé de rester prisonnier d’une esthétique ancienne. Il est possible de respecter un savoir-faire et une réglementation exigeante tout en proposant une identité graphique contemporaine.
C’est précisément la force de cette collaboration. Cristal Limiñana apporte son expérience des apéritifs anisés et sa capacité de production à Marseille. Joan Ceccaldi apporte une lecture artistique de la ville, sans folklore artificiel ni imitation du passé.
Le résultat est une bouteille que l’on peut ouvrir, partager, offrir ou rapporter de Marseille. Un pastis qui ne prétend pas résumer la ville, mais qui en exprime une partie essentielle, son énergie, ses mélanges, ses contradictions et son joyeux désordre.
En somme, un véritable Oaï of Life.
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.